Rencontre avec Eric VUILLARD autour de « Mateo FALCONE »

Par Simon CHEVALIER

Le Dimanche 7 Décembre dernier, une rencontre avec l’écrivain réalisateur Eric VUILLARD était organisée au cinéma François TRUFFAUT de Chilly-Mazarin autour de son premier film Mateo FALCONE. Présentée par Frédéric MERCIER, critique au magazine Transfuge, cette oeuvre est l’adaptation de la nouvelle éponyme de Prosper MERIMEE datant de 1829.

Frédéric MERCIER et Eric VUILLARD

Sélectionné aux Festivals de Turin et d’Angers en 2008, ce long-métrage aurait pu ne jamais être distribué en salles suite à un désaccord entre le réalisateur et la production quant à la numérisation de l’oeuvre.

L’histoire est celle d’un jeune garçon corse qui, laissé seul par ses parents, va accepter d’héberger un fugitif. Cet acte le conduira à prendre connaissance du Mal chez l’Homme. Variation sur le thème du Mythe d’Abraham, Mateo FALCONE met la relation père-fils à l’épreuve de la loi de l’honneur, telle qu’elle pouvait s’exercer dans la Corse du XIXème siècle. Toutefois, Eric VUILLARD a préféré privilégier le point de vue de l’enfant même si cela devait modifier certains détails de l’oeuvre originale, respectant en cela son propre rapport à la nouvelle qu’il a découvert lorsqu’il était lui-même enfant et qu’il passait ses vacances dans la Drôme Alpine, un décor semblable à celui décrit par l’auteur.

Pour tourner son film, le réalisateur a choisi, après moult recherches, le Causse Méjean dans les Cévennes, un plateau ayant l’avantage de posséder une végétation unique en Europe. Malgré un faible budget de 200000 Euros, Eric VUILLARD a réuni le casting idéal avec notamment la présence d’une actrice qu’il admire pour son jeu à la fois fort et sensible: Hiam ABBASS. Attirée par un rôle de mère corse qu’on lui propose rarement, celle qui est souvent ramenée à son statut d’actrice arabe-israélienne a accepté d’être rémunérée bien en dessous de son salaire habituel tout en supportant des conditions de tournage difficiles. En effet, du fait de la météo et surtout de la lumière qui changeaient très rapidement, l’équipe a du travailler à un rythme intense, ne faisant souvent qu’une seule prise. Pour cette même raison, le son a été traité de façon artificielle en post-production avec des dialogues reconstitués car la présence d’un perchman aurait été une gêne sur le tournage.

Au final, on ne peut que féliciter Eric VUILLARD d’avoir réussi à mener un premier projet cinématographique aussi ambitieux avec autant d’implication et on souhaite une longue carrière sur nos écrans à l’auteur de Tristesse de la Terre (Actes Sud), lui qui a trouvé dans le 7ème art « la possibilité de se décharger des symboles ».

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