Rencontre avec Dominic BACHY (26/06/2016)

A l’occasion de la 13ème édition des Hérault du Cinéma et de la Télé qui s’est déroulée du 21 au 26 juin 2016 au Cap d’Agde, nous avons eu le plaisir de rencontrer Dominic BACHY, venu présenter son film Des Amours, désamour présenté comme la première e-comédie romantique. Le film est disponible en VOD sur le site www.desamoursdesamour-lefilm.com depuis le 14 février 2016.

Dominic Bachy

Propos recueillis par Anne-Sophie GIRAUD

Des Amours, désamour est votre premier long-métrage. Quel a été votre parcours avant ce film ?

Avant ce film, j’ai fait pas mal de courts-métrages de fiction, des films de commande, ce qu’on appelle des films corporate, de communication interne pour des entreprises, des publicités et puis des reportages ou des documentaires pour la télévision.

Affiche Des Amours, Désamour

Comment est né ce projet ? Etait-ce une volonté dès le départ d’en faire un e-film ou est-ce venu après coup ?

En fait, ça s’est fait bizarrement car on n’a pas du tout suivi le processus habituel parce que j’écrivais le scénario un petit peu au jour le jour. Donc il était difficile de passer dans un parcours classique de subvention parce que pour obtenir des subventions il faut donner un scénario. Et comme on traitait chaque couple de façon indépendante, en fait je n’avais pas de scénario complet à proposer et on ne pouvait pas avoir de subvention classique.

Entre la première écriture et le film terminé, il s’est passé 4 ans – ce qui est assez long. Et quand le film était terminé et qu’on l’a présenté à des distributeurs, ça ne les intéressait pas vraiment car ils aiment bien rentrer au début d’un projet et non pas à la fin. Ils nous ont demandé pourquoi on n’était pas venu les voir dès le départ. C’est un système qui a fait que le film s’est construit comme ça sur 4 ans et du coup on a décidé de créer une plateforme de e-cinema, de e-distribution qui s’appelle e-cinedistrib et sur cette plateforme on a mis le film en exclusivité à 4.99€ sur http://desamoursdesamour-lefilm.com en attendant de mettre d’autres films sur cette plateforme pour pouvoir proposer au public un cinéma virtuel. C’est la même chose que dans les salles mais sur internet. Moi, je crois beaucoup à ça et je pense que ça va se développer dans les années à venir. Donc, on est un peu les précurseurs. Et la particularité de ce film – c’est pour ça qu’on dit qu’on est la 1ère e-comédie romantique, c’est que les gens peuvent le voir et l’acheter comme de la VOD, n’importe quand, chez eux, du moment qu’ils ont une connexion internet afin de voir le film en streaming.

Comment est née cette histoire de 4 couples qui en sont à des stades différents de leur histoire ?

En fait, c’est un film qui est assez autobiographique. Suite à mon divorce, comme ça arrive à beaucoup de couples, j’ai commencé à écrire des souvenirs de ma vie de couple et de mes autres histoires d’amour qui ont ponctué ma vie. Ensuite, j’ai essayé de tout mélanger pour faire une sorte de film choral comme Valentine’s Day ou Love Actually, ces comédies romantiques anglaises ou américaines. C’est l’histoire de 4 couples qui en sont chacun à un stade différent de leur relation amoureuse, la semaine de la St-Valentin.

Comment s’est passé le casting ? Est-ce que ça a été difficile de convaincre les comédiens de s’embarquer dans ce projet un peu particulier ?

Ca a été facile au niveau des comédiens car comme je l’ai dit, je les ai traités couple par couple. Sauf à la fin où ils étaient tous mélangés. Ce qui est rigolo c’est que, par exemple, j’ai commencé le tournage avec Rebecca HAMPTON et Denis MARECHAL, et entre temps, Rebecca a eu le temps de tomber enceinte et d’accoucher. Et quand j’ai retourné avec eux à la fin du film, il s’était passé au moins 2 ans, mais dans le film les spectateurs ne le voient pas. C’est ça qui fait la magie du cinéma. Même si on n’a pas tout fait dans la continuité – pour les comédiens ça n’a pas été évident car il fallait qu’ils soient raccord au niveau des cheveux et de tout – le spectateur pense qu’on a tourné le film en 2 mois comme n’importe quel autre film.

Des Amours, DésamoursDe gauche à droite : Olivier PAGES, Bartholomew BOUTELLIS, Denis MARECHAL, Jenny DEL PINO, Dominic BACHY et Jean-Christophe BOUVET

Il y a eu plusieurs screen-test, notamment en festivals. Est-ce que les réactions du public vous ont aidé pour arriver au montage final ?

Oui, c’est très important. Je trouve que justement, en France, on ne fait pas assez attention au public. Ce n’est pas moi qui ai inventé les screen-test, les américains font ça tout le temps. Et c’est vrai que, même si on n’a pas les moyens des américains, on fait quand même un film pour le public, et c’est intéressant d’habituer le public à lui présenter des films non terminés mais sur lesquels on peut ensuite débattre et sur lesquels ils peuvent s’exprimer librement. C’est intéressant de voir ce qu’ils ont aimés ou moins aimés dans le film, ce qu’ils compris ou moins compris. Et à partir de là, on retravaillait le montage. Moi je filmais aussi les séances avec des caméras à vision nocturne pour voir à quels moments les gens rigolaient dans la salle et à quels moments ils se faisaient chier. On mélange tout ça et à partir du moment où plusieurs personnes disent la même chose, c’est qu’il y a un problème donc il faut le rectifier. Il n’y a pas à avoir d’ego en se disant non c’est mon œuvre, je ne veux pas que quiconque y touche. Ce n’est pas comme ça que je conçois mon métier de réalisateur et la façon de faire des films. Encore une fois, ce n’est pas pour moi. Je l’ai fait pour que le public le voit et – je l’espère – qu’il l’apprécie. Donc, plus tôt on implique le public, mieux c’est. C’est pour ça aussi que j’ai impliqué les spectateurs assez tôt grâce à Internet et à Facebook où j’ai fait participer le public sur le choix des affiches, je les tenais au courant du tournage sur la page Facebook du film. Et ça permet aussi de garder une connexion avec les gens et de les impliquer dans le processus de création d’un film.

Désormais, quels sont vos projets ?

Là, on écrit une autre comédie, qui n’a rien à voir avec ça, qui est vraiment une comédie. Mais on est au début alors c’est un peu dur d’en parler maintenant mais on va essayer de le faire peut-être différemment, cette fois-ci en terminant le scénario avant de tourner le film. Mais celui-là, c’était bien de le faire comme ça car c’était un film très personnel et je n’avais pas envie que d’autres gens viennent me dire comment je devais faire. Je ne dis pas ça pour les autres films – c’est différent – mais là c’était assez personnel donc j’ai bien aimé faire le film de cette manière là.

En tant que spectateur, quel cinéma vous enthousiasme ?

Je suis fan – en France, en tout cas – des films de Claude LELOUCH. C’est aussi pour ça que j’ai un peu fait ce film comme ça, parce que les films choraux c’est un peu sa spécialité. Ils racontent des destins de plusieurs personnes qui se retrouvent à la fin et moi j’aime bien ça, je trouve ça chouette. Donc je me suis un peu inspiré de lui pour ça. Et on dit souvent que mon film fait penser à un film de Lelouch et je suis plutôt content. Pour moi, c’est un compliment. Il y a en a d’autres qui n’aiment pas, mais moi j’aime bien. Et puis à côté de ça, j’ai d’autres réalisateurs qui m’ont vachement influencé comme Sergio LEONE, Alfred HITCHCOCK ou bien encore tous les films de la génération Michel AUDIARD car ce que j’aime avant tout au cinéma, c’est les dialogues. Et donc, pour ça, j’ai été – comme on dit – biberonné à Michel AUDIARD. Et, dans mon film, en tout cas j’ai essayé de soigner les dialogues et je pense que c’est ce que les gens retiennent. Et quand on les voit rigoler sur les dialogues et qu’ils en gardent même certains pour leur vie privée, là ça marche car on se dit « tiens finalement, c’est peut-être pas si mal ce qu’on a fait ».

Un grand merci à Dominic BACHY d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

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