Figures de l’ombre #1 : Rencontre avec Arthur WANEUKEM, compositeur

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Crédit photo : Kriss LOGAN

Par Simon CHEVALIER

Cet été, partez à la découverte de ces professionnels du cinéma qui, à l’ombre des réalisateurs et acteurs, mettent leur talent au service de la fiction française. Pour inaugurer cette série d’interviews, le compositeur Arthur WANEUKEM.

D’où vient ton envie d’être compositeur?

La musique m’a toujours suivi depuis que je suis gosse. Bien que cette phrase soit d’une banalité affligeante, c’était véritablement le cas pour ma part. Le fait de vouloir devenir compositeur est surtout lié à ma passion pour le Cinéma. Même si, à la base, je tends plutôt à me diriger vers la réalisation et l’écriture, j’ai toujours eu une passion folle pour la musique de film. C’est ma mère qui m’a transmis cette culture du septième art en regardant des VHS et DVD qu’on louait au quotidien et qu’on regardait en mangeant. Notre TV servait uniquement à ça et ce n’était pas plus mal d’ailleurs! Elle mettait aussi très souvent des bandes-originales de films comme musique de fond à la maison quand j’étais gosse. Cela nous conditionnait dans une certaine ambiance. Mon enfance a été bercé aussi bien par des chansons Disney, que des musiques tels que Himalaya de Bruno COULAIS, Le Grand Bleu d’Eric SERRA ou encore Cyrano de Bergerac de Jean-Claude PETIT pour ne citer que ceux-là bien sûr.

Aujourd’hui, c’est devenu plus ou moins mon métier mais je n’en vis pas pleinement encore. Mais je ne souhaite pas non plus en être accro. Lorsqu’on est passionné par ce que l’on fait artistiquement, on en oublie aussi parfois le sens et on a tendance à s’en servir comme une sorte de refuge. On finit véritablement à s’enliser dans un mode de vie dans lequel l’activité qu’on croyait épanouissante à la base ne l’est finalement plus. Personnellement je viens de comprendre cela récemment et je refuse catégoriquement de rentrer dans ce cliché de l’artiste incompris qui ne vit que pour ses créations. Si je devais donner donc un p’tit conseil aux gens qui veulent se lancer en tant que compositeur ce serait ce message : Ne faites pas de votre passion, une dépendance.

Quels sont tes meilleurs et pires souvenirs de ce métier?

Pour le peu de films et/ou autres projets sur lesquels j’ai travaillé jusqu’à maintenant, il serait ridicule venant de ma part de jouer les nostalgiques. En l’occurrence, j’ai adoré travailler sur les deux premiers films de Delphine SEIGNON : Blanche Comme Neige et Nereïda 4 . Cela a été un vrai challenge pour moi de composer leur B.O. au vu de ma façon de travailler le son, puisque j’utilise le logiciel Audacity et un pauvre clavier Yamaha avec des sons beaucoup trop synthétique. J’étais confronté à un handicap, celui de bosser avec les moyens du bord. Mon objectif était de retranscrire une B.O. semblable à quelque chose d’un minimum propre à l’écoute, en passant par plusieurs types de mixage possible. La partie la plus délicate n’était pas tant de composer une musique à l’image, mais bien de donner l’illusion d’une musique jouée par un orchestre. Le but était de fuir le kitch ! Le cahier des charges était de composer une B.O. plus ou moins dans le style hollywoodien.

La pire expérience pour moi aura été de composer un générique pourri pour la web-série d’une école. (Je n’ai toujours pas vu à quoi ressemblait ce projet par ailleurs…). C’était ultra simple à faire et techniquement c’est le genre de musique pliée en 10 minutes grand max. Une mélodie cucul avec trois accords de guitare, un sample de batterie sans variations et deux trois sons de carillons avec un peu de piano jouant de façon mécanique le thème principal. Le genre de musique que vous avez déjà entendu mille fois dans des pubs de boites d’assurance, ou de bouffe… Bref j’étais bloqué niveau inspiration, comme si mon intégrité en prenait un coup. J’étais presque dans l’incapacité de composer ce morceau tellement c’était chiant et sans âme… (A ce niveau-là autant composer une sonnerie de portable pour Samsung).

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One comment to Figures de l’ombre #1 : Rencontre avec Arthur WANEUKEM, compositeur

  • carlito  dit:

    mec tu fais trop la star c ouf

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