[Flashback] « Une chambre en ville » (1982) de Jacques DEMY

Un film peu connu où Jacques Demy conserve ses fondamentaux tout en assombrissant son propos.

Par Simon CHEVALIER

Nantes, 1955. Les métallurgistes sont en grève et multiplient piquets et affrontements musclés avec les CRS. Parmi eux, François Guilbaud loue une chambre chez la veuve d’un colonel et sort avec la charmante Violette. Mais, quand il rencontre par hasard la fille de sa logeuse, Edith, il est emporté par une passion aussi incontrôlable que destructrice.

Jacques DEMY avait une spécialité : « le film chanté ». Il reste dans la mémoire collective comme celui qui, des Parapluies de Cherbourg aux Demoiselles de Rochefort en passant par Peau d’Ane a su marier à merveille les 4ème et 7ème art (la musique et le cinéma). Avec Une chambre en ville, il garde cette spécificité, puisque le film est entièrement chanté, tout en abandonnant l’univers coloré et joyeux de ces précédentes œuvres. En plongeant son histoire d’amour au milieu de mouvements sociaux, il lui confère un réalisme représentatif des années 1980 (même si l’action se déroule en 1955) comme si ses personnages, tout en gardant leur jeunesse, avait mûri depuis les insouciantes années 1960. Le réalisateur est également à l’image de son époque dans l’utilisation de la nudité et d’un langage peu châtié qu’on ne lui connaissait pas jusqu’alors. Enfin, le casting est à la hauteur de cette œuvre exigeante avec une Dominique SANDA ardente et un Richard BERRY craquant.

Trente ans après l’énorme échec de sa sortie en salles, Une chambre en ville mérite d’être redécouvert comme une part non négligeable de l’œuvre du mythique Jacques DEMY.

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