[Flashback] « La Grande Illusion  » (1937) de Jean RENOIR

Par Simon CHEVALIER

Restauré en 2012, le chef d’oeuvre de Jean RENOIR reste plus que jamais l’un des plus grands films de tous les temps grâce à son message universel aussi patriotique que pacifique.

Lors de la Première Guerre Mondiale, le lieutenant MARECHAL et le capitaine de BOIELDIEU sont faits prisonniers par le commandant von RAUFFENSTEIN qui a abattu leur avion. Ils vont alors découvrir la vie d’un camp de prisonniers réservé aux officiers. Intégrant un groupe de compatriotes, ils partagent, d’emblée avec eux leurs copieux repas grâce aux colis que reçoit un certain ROSENTHAL, tout autant que leur projet d’évasion. Mais rien ne se passera comme prévu et leur détention les mènera bien plus loin qu’ils ne l’auraient imaginé.

Tourné 20 ans après la fin de la Grande Guerre et réunissant de grands noms du cinéma français, Jean GABIN, Pierre FRESNAY – dont on peut regretter que la mémoire ne soit pas mieux entretenue -, Marcel DALIO, Julien CARETTE et allemands, Erich von STROHEIM et Dita PARLO, ce film porte un regard très juste sur ce que furent les sentiments de nombres d’officiers aussi bien sur leur propre sort que sur celui de leurs adversaires. Au travers des personnages de BOIELDIEU et RAUFFENSTEIN, Jean RENOIR montre à quel point ce conflit sonna le glas de la noblesse dans sa fonction d’élite militaire. En parallèle, avec des éléments comme l’antisémitisme latent et la passivité des soldats français, à peine contrebalancée par un acte de résistance, il préfigure ce que seront les grandes lignes de la guerre de 1940. Autant de raisons de découvrir ou redécouvrir ce grand classique dont le président ROOSEVELT disait qu’il devait être vu par tous les démocrates du monde.

Au moment de donner un titre à son film – alors qu’il avait été prévu de l’appeler « Les Aventures de MARECHAL  » -, Jean RENOIR choisit celui d’un essai qui avait eu énormément de succès en 1910. « La Grande Illusion  » dressait le constat d’une première mondialisation où l’intrication des économies était devenue telle qu’elle ne permettrait plus jamais de guerre! Jean RENOIR expliqua pourtant par la suite n’avoir voulu donner aucune indication au spectateur. Mais, plus de 75 ans après, un doute s’installe: et si « La Grande Illusion  » avait été de nous faire croire qu’il parlait de la Grande Guerre alors qu’il ne faisait que nous dépeindre sa vision des années ’30, à l’image de cette scène où le martèlement des bottes allemandes sonne comme un funeste présage de ce qui surviendra 3 ans plus tard?

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