Figures de l’ombre #3 : Rencontre avec Aurélien DAUGE, distributeur

Aurélien distributeur

Par Simon CHEVALIER

Cet été, partez à la découverte de ces professionnels du cinéma qui, à l’ombre des réalisateurs et acteurs, mettent leur talent au service de la fiction française. Nouvel épisode avec Aurélien DAUGE de Sophie DULAC Distribution.

Quelles sont les spécificités de ton métier et pourquoi as-tu eu envie de l’exercer?

La spécificité du métier de distributeur est d’être le dernier maillon entre le film fini et la salle où le film sera projeté. C’est un maillon essentiel et trop souvent méconnu du grand public. Ce rôle de passeur, de mise en valeur d’un film sur lequel des centaines de personnes ont déjà travaillé, souvent depuis plusieurs années, est ce qui me passionne dans ce métier. Nous sommes à la fois tournés vers le public et vers les exploitants des salles de cinéma avec un même but : faire connaître nos films et leur donner envie de les voir, ou de les programmer.

Quels sont tes pires et meilleurs souvenirs professionnels?

En réalité, chaque sortie de film est une longue aventure faite de souvenirs variés, de tensions, de coups de gueule et d’éclats de rire. Et comme il y a plus d’échecs que de succès, il y a aussi des déceptions parfois… J’ai tendance à garder en tête les meilleurs souvenirs. Parfois, il se passe quelque chose de magique dans la carrière d’un film. C’était le cas avec L’Arnacoeur de Pascal CHAUMEIL quand j’ai travaillé chez Universal. Là, le film devient un phénomène qui nous enchante tout en nous échappant un peu.

Cette année, tu as travaillé à la distribution de Fleur de Tonnerre de Stéphanie PILLONCA. Que peux-tu nous en dire?

Fleur de Tonnerre est un premier film. En soit, c’est déjà un argument pour aller le découvrir en salles, dans la mesure où il se dégage de ce film une esthétique singulière qui mérite d’être découverte. C’est aussi l’adaptation du roman éponyme à succès de Jean TEULE, lui-même inspiré d’une histoire vraie, celle d’Hélène JEGADO, la plus grande empoisonneuse que la France ait connu. Si on ajoute à ça un beau casting composé de Déborah FRANCOIS, Benjamin BIOLAY, Jonathan ZACCAI, Christophe MIOSSEC… on se dit que le film s’est fait facilement. Or, ce n’est pas le cas. Le projet a eu du mal à se monter et a même été sauvé des eaux, si j’ose dire, par un donateur inattendu, Dany BOON. Bien qu’éloigné de ses comédies, ce projet lui a plu, sans doute parce qu’il propose quelque chose d’un peu différent de ce qu’on voit sur les écrans chaque semaine. Soutenir ce film d’époque ancré dans la Bretagne du 19e siècle, c’était envoyer à la profession un message qui encouragera, je l’espère, la production d’autres films audacieux.

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