[Festival Cinessonne 2014] « Fidelio, l’odyssée d’Alice » de Lucie BORLETEAU

Par Simon CHEVALIER

Ce Mercredi soir, c’était l’heure de la dernière séance aux Cinoches de Ris-Orangis pour FrenchCinéTV avec la projection de Fidelio, l’odyssée d’Alice de Lucie BORLETEAU.

Lucie BORLETEAU et Ariane LABED

La réalisatrice était venue accompagnée par son actrice principale Ariane LABED et toutes 2 ont pu échanger avec le public qui s’était déplacé nombreux pour découvrir ce beau portrait d’une femme mécanicienne dans la marine marchande. Sur ce bateau où elle est la seule femme, Alice vit, aime, déteste avec une liberté farouche. Lucie BORLETEAU s’est inspirée d’une de ses amies pour composer le personnage d’une femme fidèle avant tout à la mer et à elle-même et a très vite décidé de délaisser la forme du documentaire pour écrire une belle histoire d’amour romanesque. Le pari est réussi car, même s’il s’agit d’une fiction, le spectateur en apprend beaucoup sur ces femmes qui, depuis 20 ans seulement, ont dû apprendre à se faire une place au milieu d’équipages à 90% masculin. Il est d’ailleurs à noter que la scène d’agression qui intervient à bord du bateau est directement inspirée d’une histoire vraie.

La plus grande difficulté dans ce projet fut de trouver le bateau, véritable personnage du film pour qui l’héroïne éprouve un réel attachement. Le milieu de la marine marchande n’étant pas très intéressée, il aura fallu trouver un officier cinéphile pour pouvoir tourner à bord d’un navire durant 3 semaines.

Après avoir vu Ariane LABED dans Attenberg de Rachel Athina TSANGARI, la réalisatrice a compris qu’elle avait trouvée son interprète principale et lui a offert le rôle d’Alice, rôle qui lui a valu de remporter le Prix d’interprétation féminine au Festival de Locarno.

Pour préparer le tournage, les 2 artistes se sont familiarisées avec l’univers de la marine marchande : la cinéaste a voyagé sur un porte-conteneurs et l’actrice a suivi un mini-stage afin de mieux appréhender les machines et l’ambiance à bord. Lucie BORLETEAU a également fourni à son équipe toute une filmographie maritime du Crabe-Tambour à Titanic.

Reconnaissant avoir été maniaque avec ses acteurs concernant la fidélité au scénario, la réalisatrice a également admis avoir aimé relever les défis techniques, inhérents à un tournage en mer comme la gestion du bruit incessant des machines ou la nécessité de créer une sensation de tangage. Des contraintes qui apportent au film une tension, une impression « d’urgence permanente » également travaillée au montage avec Guy LECORNE qui a su apporter un regard neuf sur le film.

Même si il a bénéficié du soutien d’Arte, ce projet n’a pas été facile à réaliser pour Lucie BORLETEAU qui a dû imposer ses idées sur des scènes, importantes par leur poésie et leur magie sans pour autant être utiles à la progression de l’intrigue ou le sous-titre auquel elle tenait particulièrement.

Fidelio, l’odyssée d’Alice sortira le 24 Décembre prochain dans une quarantaine de salles en France, autant d’occasions d’aller découvrir cette oeuvre intense, véritable hymne à la liberté des femmes marins et qui restera comme notre coup de cœur de ce Festival Cinessonne 2014.

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