[Critique] « Roubaix, une lumière » d’Arnaud DESPLECHIN (21/08/2019)

Roubaix affiche

Par Simon CHEVALIER

Arnaud DESPLECHIN s’essaie au polar et c’est sombrement réussi.

Un hiver à Roubaix. Malgré les fêtes de fin d’année, pas de trêve pour la misère, la délinquance et le crime. Le commissaire Daoud et un nouveau venu en ville, le lieutenant Cotterelle, vont, entre autres, devoir élucider le meurtre d’une vieille dame…

Retraçant un réel fait divers survenu en 2002 et ayant déjà fait l’objet d’un documentaire, ce film est à la fois esthétique et réaliste – notamment dans les scènes de garde à vue, d’une tension incroyable. Tourné in situ, c’est-à-dire dans la ville natale du réalisateur, ce long-métrage fait de la ville un contexte sombre et désespéré dans lequel évoluent un quatuor d’acteurs exceptionnels. Roschdy ZEM et Antoine REINARTZ se complètent dans un duo de flics diamétralement opposés : le premier est un chef incontesté, calme, presque sans émotions, roubaisien depuis toujours et misant tout sur la psychologie tandis que le second est un novice tout juste arrivé en ville, plein de fougue et de doutes et s’appuyant sur la religion pour supporter la dureté de ce métier. Et enfin, il y a Léa SEYDOUX et la toujours parfaite Sara FORESTIER en couple de suspectes paumées et extraordinaires de douleur et de rage intérieure. Pour résumer, voici 119 minutes de performances inoubliables.

Un grand film dirigé par un grand metteur en scène et porté par 4 grands acteurs, il n’en fallait pas plus pour que Roubaix, une lumière soit sélectionné au Festival de Cannes. S’il en est reparti bredouille, nul doute qu’il sera l’un des favoris des prochains Césars.

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