[Critique] « L’amant double » de François OZON (26/05/2017)

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Par Simon CHEVALIER

François OZON signe une oeuvre aussi esthétique que dérangeante.

Chloé souffre de maux de ventre. Craignant une origine psychologique, elle commence une analyse et tombe sous le charme de son médecin. Mais le conte de fées s’achève quand elle se rend compte que son amoureux lui cache des pans entiers de sa vie.

Dès les premières minutes, le ton est donné : L’amant double sera cru, esthétique, symbolique – ou ne sera pas. Chaque plan est léché et ne doit rien au hasard dans des décors tout aussi recherchés : la froideur clinique du musée où travaille l’héroïne, la chaleur de l’appartement du couple… Le réalisateur s’amuse aussi avec les miroirs dont les reflets sont un élément fort et métaphorique du récit. Au coeur de méandres psychologiques, Jérémie RENIER et Marine VACTH – qui, 4 ans après sa première apparition à l’écran dans Jeune et Jolie du même François OZON, s’impose comme le cobaye préféré du cinéaste en matière de désir féminin – s’abandonnent totalement aux côtés de Jacqueline BISSET et surtout d’une Myriam BOYER tantôt inquiétante, tantôt hilarante. A quelques exceptions près, c’est ce quatuor qui porte le film, la succession de huis clos ne faisant que renforcer la tension de ce thriller hypnotique.

Pour sa troisième participation à la compétition cannoise, François OZON est de nouveau reparti bredouille. Cela peut s’expliquer par le clivage qu’a suscité son long-métrage qui n’a laissé aucun festivalier indifférent. Mais qu’on l’adore ou qu’on le déteste, cet amant double aura marqué tous ceux qui auront passé 1h47 en sa compagnie.

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