[Critique] « L’Affaire SK1  » de Frédéric TELLIER (07/01/2015)

L'Affaire SK1

Par Simon CHEVALIER

Un premier film plus thriller que polar où le suspense n’a d’égal que l’émotion.

Lorsque Franck MAGNE intègre le célèbre « 36, Quai des Orfèvres » en 1991, réalisant ainsi son rêve d’enfant, il est tout de suite mis devant la plus délicate des affaires: le meurtre de Pascale ESCARFAILLE. Cette jeune étudiante, belle, intelligente et sans histoires qui a été violée, torturée et sauvagement assassinée va très vite hanter celui qui est devenu Charlie au sein de la brigade criminelle. Alors que les victimes du Tueur de l’Est Parisien se multiplient, le jeune inspecteur se coupe de sa famille, ne pouvant compter que sur ses collègues pour traverser ce cauchemar de 7 longues années avant que l’on ne mette un nom sur toutes ces atrocités: Guy GEORGES.

Non content de prendre, dès le début du film, le spectateur à contre-pied, lui faisant presque croire à l’erreur judiciaire, Frédéric TELLIER signe plusieurs oeuvres en 1. Car, au-delà du thriller aux scènes chocs et du polar à l’atmosphère oppressante, ce long-métrage est autant une chronique judiciaire qu’un film historique: il pose la question de la défense d’un « monstre » et nous replonge dans une époque où les ordinateurs faisaient tout juste leur apparition tandis que les analyses ADN étaient interdites. Poussant le détail jusqu’à vieillir les images de l’enquête qui contrastent donc avec celles du procès, le réalisateur leur donne ainsi la force d’archives. Enfin, sens du détail toujours quand vient le moment d’aborder l’attentat du RER Saint-Michel le 26 Juillet 1995. Loin de n’en faire qu’un repère temporel, Frédéric TELLIER le filme avec autant de justesse que s’il avait été le sujet principal de son film.

Si « L’Affaire SK1 » n’est pas un film policier comme les autres, cela tient autant aux aspects hors normes de l’enquête -crimes horribles, traque de 7 ans, traumatisme de la société débouchant sur une évolution des lois…- qu’à un traitement juste et humain, ce que le cinéma peut faire de mieux pour reconnaître la souffrance des victimes et rendre hommage au travail des forces de l’ordre.

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