[Critique] « La Belle et la Bête » de Christophe GANS (12/02/2014)

Qui d’autre que Christophe Gans aurait pu recréer l’univers féerique de cette histoire intemporelle ?

Par Simon CHEVALIER

Un livre de contes. Deux enfants attentifs. La voix douce d’une maman. Et l’histoire commence. Celle d’une belle jeune fille que le destin va mettre sur la route d’une bête effrayante vivant dans un château enchanté. Parce que l’amour n’a que faire des apparences et que la vraie beauté est celle du cœur, tout se terminera bien. Les enfants s’endormiront rassurés de voir les bons sentiments récompensés et peut-être rêveront-ils de ce mythe plus proche d’eux qu’il n’y paraît.

Faire un remake de La Belle et la Bête, il fallait oser. Tout d’abord, parce que les précédentes versions sont encore dans toutes les mémoires et s’en démarquer tout en respectant l’œuvre originale n’était pas chose facile. Ensuite, il s’agit d’une histoire avant tout visuelle où les décors, les costumes et surtout le maquillage de la Bête occupent une place considérable : ces éléments n’auraient supporté aucune improvisation, au risque de casser la magie. Voilà pourquoi le réalisateur du Pacte des Loups était tout indiqué pour signer cette adaptation, son talent pour nous en mettre plein les yeux n’étant plus à prouver. Restait enfin à trouver des interprètes avec suffisamment de présence pour ne pas s’effacer derrière ce décorum. Vincent CASSEL est toujours aussi hypnotisant et on se réjouit du nombre important de scènes où on peut le voir en prince et non en Bête. Quant à Léa SEYDOUX, elle incarne une Belle avec du caractère et une intensité qui la hisse au niveau de son partenaire. Enfin, les seconds rôles sont particulièrement soignés avec une mention spéciale pour Audrey LAMY, plus peste et irrésistible que jamais.

Il y a quelques mois, nous vous vantions les mérites du film de Jean COCTEAU et nous montrions circonspects quant à cette nouvelle version. Nous voici aujourd’hui rassurés : Christophe GANS, aidé par des acteurs d’exception, a réussi son pari et signe une adaptation moderne et sophistiquée qui a toute sa place, non pas en remplacement mais en complément du film de 1946, dans les annales cinématographiques.

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