[Critique] « Irréprochable » de Sébastien MARNIER (06/07/2016)

002350.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Par Simon CHEVALIER

Au-delà du casting sans failles – et sans surprises -, ce premier film impressionne surtout par le sens du cadre de son réalisateur.

Ne vous fiez pas à son prénom, Constance est tout sauf une personne équilibrée. Devant quitter Paris suite à un différend avec son ancien patron, cet agent immobilier retourne alors dans la province de son enfance. Mais elle n’y retrouve qu’une mère hospitalisée, une maison déserte et surtout aucun boulot dans l’agence de ses débuts, un poste lui passant sous le nez au bénéfice d’une jeune et jolie novice. Déjà fragilisée, Constance va alors libérer ses instincts les plus sauvages.

Le talent protéiforme de Marina FOIS n’est plus à démontrer. Alors qu’elle a débuté dans la comédie, elle enchaîne depuis quelques années les rôles plus sombres pour lesquels elle se donne corps et âme – Happy Few d’Antony CORDIER, Polisse de Maiwenn ou encore Maman d’Alexandra LECLERE… -. C’est de nouveau le cas ici avec le personnage de Constance dont elle épouse les névroses avec passion. Autour d’elle, que des bons : Benjamin BIOLAY, Jérémie ELKAIM et la jeune Joséphine JAPY – qui nous avait tant impressionnés dans Respire de Mélanie LAURENT -. Même s’il est plutôt rare de voir un premier film avec un casting aussi prestigieux – sans doute attiré par un scénario d’une originalité bienvenue -, s’il ne fallait retenir qu’un seul talent dans Irréprochable, ce serait celui de Sébastien MARNIER en tant que metteur en scène. A de nombreuses reprises, on ne peut s’empêcher de remarquer la beauté des images – l’arrivée de nuit dans la maison maternelle, Constance en robe jaune dans un chantier baigné de soleil ou en plein jogging… – faisant naître des moments de grâce et rajoutant une corde de plus à l’arc de cette oeuvre à la fois esthétique et réaliste mais aussi sociale et horrifique, la bande-son étant très inspirée des classiques du cinéma de genre. Une proposition de cinéma qui a ensoleillé notre été, bien loin des sempiternels et indigestes blockbusters, habituels squatteurs de salles obscures en cette saison.

Scénario, casting, mise en scène… Irréprochable n’a pas volé son titre contrairement à son héroine. A travers cette oeuvre, Sébastien MARNIER fait donc une entrée fracassante dans notre cercle de réalisateurs-scénaristes à suivre.

Laisser un commentaire.


*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>