« Ceux de 14  » : Rencontre avec Olivier SCHATZKY, Théo FRILET et Johan LIBEREAU

Par Simon CHEVALIER

Convié à la 16ème édition du Festival des Créations Télévisuelles de Luchon du 12 au 16 Février dernier, FrenchCineTV.com a pu y rencontrer toute l’équipe de la mini-série Ceux de 14 qui sera diffusée sur France 3 les 28 Octobre et 4 Novembre prochains dont le réalisateur Olivier SCHATZKY et deux des comédiens : Théo FRILET, qui interprète le rôle principal, celui de Maurice GENEVOIX, et Johan LIBEREAU.

Au cours d’un entretien dans une télécabine reliant la ville de Bagnères-de-Luchon à la station de Superbagnères – conditions très représentatives de cet événement où les festivaliers passent très facilement des pistes de ski aux salles obscures -, le réalisateur Olivier SCHATZKY est revenu sur la genèse de ce projet initié par Sylvie GENEVOIX, la fille de Maurice GENEVOIX, qui, dans l’optique des célébrations du centenaire de la Grande Guerre, voulait faire adapter l’oeuvre de son père, appuyant également une demande d’entrée au Panthéon. Malheureusement, Sylvie GENEVOIX étant décédée le 19 Septembre 2012, elle n’aura jamais vu le résultat de ses efforts.

Relatant l’expérience du jeune Maurice GENEVOIX à la tête du 106ème régiment d’infanterie entre Août 1914 et Avril 1915, cette mini-série fait preuve d’autant d’honnêteté que l’auteur lui-même qui avait rédigé une fiche pour chacun de ses compagnons d’armes. C’est ainsi que la grande diversité des profils s’ancre dans la réalité historique alors qu’on aurait pu la penser fabriquée comme dans les films hollywoodiens. Seuls les noms ont été changés, à l’exception de PANNECHON qui était l’ordonnance du lieutenant GENEVOIX sur le front, cette exception sonnant comme un hommage du romancier à celui qui était devenu son ami.

Johan LIBEREAU
Théo FRILET

Johan LIBEREAU, qui interprète le rôle de PANNECHON, fait ici ses débuts à la télévision. Et s’il se confronte aujourd’hui à cet exercice plus exigeant que le cinéma, du fait du rythme plus intense, c’est que son envie de défendre cette histoire était forte, lui dont la famille a été très marquée par les deux grands conflits mondiaux du 20ème siècle. Il s’agit également de son premier rôle historique, contrairement à Théo FRILET qui a déjà incarné Guy Moquet dans Guy MOQUET, un amour fusillé et un jeune homme pris dans la guerre d’Indochine dans Saigon, l’été de nos 20 ans . Pour cet acteur de 27 ans, « il y a 1000 époques pour un seul présent« , autrement dit il est toujours plus intéressant de se pencher sur les différentes phases de notre histoire plutôt que de se contenter de rôles contemporains.

Le tournage s’est déroulé durant l’été 2013 sur les lieux même des événements dans des conditions difficiles et les comédiens nous ont confié que lorsqu’ils étaient sous la pluie, dans la boue, secoués par les explosions, ils s’étaient identifiés, dans une certaine mesure, à ces jeunes hommes ordinaires de 1914 qui avaient leur âge et avaient dû vivre des situations extrêmes. La solidarité fut d’ailleurs le maître mot de ce tournage. Et si c’est un sentiment normal entre acteurs d’une même génération, elle s’est ici exercée également avec les figurants qui, étant originaires de cette région du Nord de la France, avaient été élevés dans le souvenir de ce conflit et étaient dépositaires d’histoires locales et familiales tout autant que garants de leur traitement respectueux.Il est d’ailleurs à noter que des projections spéciales ont eu lieu dans la région de Verdun.

Le point fort de cette mini-série est de nous montrer la Première Guerre Mondiale à ses débuts, ce qui est très rare. Ce conflit ayant été très riche en périodes différentes, il ne serait pas inintéressant de signer dans les prochaines années d’autres adaptations relatant l’apparition des chars, des gaz, les mutineries de 1917, etc… à l’instar d’une autre production de France 3 connaissant un grand succès : Un village français .

Enfin, Olivier SCHATZKY, Théo FRILET et Johan LIBEREAU se sont réjouis de l’accueil qu’ils ont reçu au Festival des Créations Télévisuelles de Luchon le qualifiant de « top » et s’amusant de pouvoir faire cet entretien dans une télécabine avec une vue plongeante sur la ville.

Les comédiens qui composaient la délégation de « Ceux de 14 » ont également eu la possibilité de poser au monument aux morts de Bagnères-de-Luchon situé en plein centre-ville et oeuvre du sculpteur aux racines luchonnaises Jean-Marie MENGUE (1855-1939), ces photos étant comme un nouvel hommage à ceux qui sont morts il y a 100 ans pour leur patrie.

De gauche à droite : Anto MELA (CALETTA), Romain LANCRY (GONIN), Michael ABITEBOUL (SOUESMES), Théo FRILET (Maurice GENEVOIX), Côme LEVIN (Quelo) et Satya DUSAUGEY (MARTIN)

Pour finir, il est à noter que la mini-série fut récompensée lors de ce Festival par le prix de la meilleure photographie pour Bruno PRIVAT et celui du meilleur espoir masculin pour Théo FRILET.

Olivier SCHATZKY recevant le prix de la meilleure photographie pour Bruno PRIVAT

Théo FRILET recevant son prix aux côtés de Laura FAVALI, membre du jury

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