Cérémonie des Césars 2021 : Coups de coeur

Affiche Césars 2021

Par Simon CHEVALIER

Après une 45ème édition qui restera dans les annales et une année 2020 qui fut catastrophique pour le cinéma, le 7ème art français remet tout de même ses récompenses aux rares films qui ont pu sortir entre les différentes fermetures. Voici mes pronostics juste avant la cérémonie.

Enorme

Première nomination pour Jonathan COHEN avec le rôle de Frédéric, le futur papa prêt à accoucher dans « Enorme » de Sophie LETOURNEUR. Ce n’est pas étonnant quand on voit à quel point l’acteur porte ce film osé mais on regrettera l’absence de sa partenaire Marina FOIS qui brille de nouveau par son talent. On se consolera en profitant de la fantaisie de la jolie blonde tout au long de la soirée qu’elle présentera.

effacer l'historique

Récompenser « Effacer l’historique » du duo Gustave KERVERN-Benoît DELEPINE du César du Meilleur Scénario serait un message fort pour dénoncer l' »Uberisation » de notre société et nous interroger tous sur notre rapport au numérique. L’occasion aussi de saluer le talent de cinéastes qui comptent dans le cinéma français tout en restant à part du système. On se réjouit déjà de leur éventuel discours de remerciements.

la fille au bracelet

C’est une ancienne gymnaste, devenue actrice après avoir répondu à une annonce sur les réseaux sociaux, que je vois remporter le César du Meilleur Espoir Féminin. Mélissa GUERS est l’héroïne du troisième film de Stéphane DEMOUSTIER, « La fille au bracelet » : une chronique judiciaire, un procès filmé sans fioritures dans lequel tous les acteurs excellent avec, au milieu d’entre eux, cette jeune fille troublante, mystérieuse dans un rôle qui plaît généralement beaucoup aux votants. Le président de la soirée, Roschdy ZEM, portera-t-il chance à sa « fille de cinéma »?

la bonne épouse

Il y a 12 ans, « Séraphine » de Martin PROVOST était la grande gagnante des Césars : 7 prix lui étaient remis dont celui des meilleurs costumes. Cette année, le réalisateur a fait confiance à la même costumière pour « La Bonne Epouse » permettant à Madeline FONTAINE de cumuler une huitième nomination. A l’affiche de ce film militant, un homme, habitué de la cérémonie car il l’a présenté à 3 reprises : Edouard BAER ferait un formidable Meilleur Second Rôle après 3 nominations infructueuses.

ADN

Cela fait 21 ans que Tonie MARSHALL – décédée récemment – a remporté le César de la Meilleure Réalisation pour « Vénus beauté (institut)« . Elle reste aujourd’hui encore la seule femme à avoir été primée dans cette catégorie et il serait temps de lui trouver une successeur : Maïwenn pourrait assumer ce rôle grâce à « ADN« . Ce portrait de famille nous bouleverse par son honnêteté et son émotion partagée, marque de fabrique de l’hypersensible cinéaste. Présente à la cérémonie avec déjà 3 de ses films mais étant toujours repartie bredouille, elle pourrait aussi permettre à Stephen WARBECK de l’emporter pour sa musique et surtout d’offrir un deuxième César à Fanny ARDANT qui incarne admirablement une fille face au deuil mais également une mère et une sœur face à l’incompréhension.

Ete 85

Autre réalisateur, éternel bredouille aux Césars : François OZON. L’année dernière, pour la 7ème année, il est reparti les mains vides mais cela ne m’empêche pas de faire d’ « Eté 85 » le Meilleur Film de 2020. Cette initiation à la passion amoureuse résonne en chacun de nous, nous renvoyant à nos années d’adolescent(e) tout en nous offrant un bol de liberté – si rare depuis un an. La plupart des prix techniques devraient lui revenir – la photo, le son, le montage, les décors – ainsi que le César de l’adaptation, récompensant un scénario nostalgique à souhait dégageant un très beau réalisme des sentiments. Le plus difficile réside dans le choix du Meilleur Espoir Masculin car comment départager ces deux comédiens qui forment un couple aussi beau dans l’amour que dans la douleur. Un ex-aequo entre Félix LEFEBVRE et Benjamin VOISIN serait magnifique mais s’il ne devait y en avoir qu’un au palmarès, ce pourrait être ce dernier car il démontre une palette de jeu d’une richesse étonnante au vu de ses 24 ans.

Une renaissance de l’Académie, un cinéma qui se réveille après des mois de sommeil douloureux et, pourquoi pas, une reconnaissance des habituels oubliés des Césars… Voici le programme idéal de cette fête du 7ème art français.

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