[Critique] « Bande de Filles » de Céline SCIAMMA (22/10/2014)

Par Simon CHEVALIER

Pour son troisième film, après Naissance des Pieuvres et Tomboy, Céline SCIAMMA poursuit son exploration de la jeunesse d’aujourd’hui avec cette Bande de Filles aussi délinquantes qu’attachantes.

Marieme est une jeune fille comme nos cités en comptent des milliers. Sa famille: une mère absente, un grand frère qui fait sa loi et des petites soeurs dont il faut s’occuper. A l’extérieur: la pression constante des garçons qui vous font baisser les yeux et les autres, plus respectueux mais avec qui tout flirt est proscrit. A l’école: une voie toute tracée vers un CAP, l’assurance d’un avenir bouché. Mais tout cela va changer grâce à Lady, Adiatou et Fily. A leur contact, Marieme devient Vic, une jeune femme sûre d’elle, assumant sa féminité et n’hésitant pas à se servir de ses poings pour se faire respecter. Dès lors, elle n’aura qu’un but: s’émanciper et trouver sa voie, quoi qu’il lui en coûte.

Le film commence par un match de football américain féminin: dès les premières minutes, on comprend qu’on va être secoués. D’ailleurs, Céline SCIAMMA n’a pas de temps à perdre: aucune scène, aucun plan n’est superflu, on va droit à l’essentiel. La précision de sa réalisation alliée à l’efficacité des nombreuses ruptures qui ponctuent son film nous mettent tout de suite dans l’ambiance d’un ghetto, distribuant quelques uppercuts au passage. Mais ses héroines ne sont pas que des guerrières, ce sont avant tout des gamines et quand elles tombent le masque, dans l’intimité d’une chambre d’hôtel, l’humour et la tendresse reprennent le dessus, respiration indispensable avant de replonger dans leur enfer quotidien. Si le film pâtit d’une seconde partie moins touchante que la première, il reste un beau portrait de femmes porté par des actrices magnifiées par leur réalisatrice. Jamais des filles de banlieue n’auront été filmées avec autant de respect et d’amour!

Présentée à la Quinzaine des Réalisateurs lors du Festival de Cannes, l’oeuvre de Céline SCIAMMA se veut un hommage à toutes ces « fleurs de cité » au fond desquelles brillent de vrais Diamonds, référence au tube de RIHANNA qui accompagne l’une des plus belles scènes du film.

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